UNIS POUR LA VIE
Nuances | 2025
Archéologie du geste
Rustiner. Ce geste, chez Rustin, excède sa fonction technique pour se transformer en figure, en métaphore, en fragment narratif. Il devient un langage à part entière, un signe de présence et de soin, capable de raconter une histoire sans recourir aux mots. À l’instar du kintsugi japonais, qui souligne la fracture au lieu de la dissimuler, la réparation devient mode d’apparition. Dans un monde gouverné par le rythme du capitalisme, la valeur d’un objet se mesure à sa nouveauté et à sa capacité à être consommé puis jeté ; rustiner devient alors un acte de résistance. La rustine n’est plus seulement une réparation, elle se fait geste écologique, geste éthique. Elle refuse la logique de l’obsolescence programmée, elle interrompt la course à l’instantanéité et au remplacement.
Le travail de Perrine Lacroix s’inscrit dans une attention à ce qui, au cœur du réel, échappe au regard. Dans l’espace clos du laboratoire, elle saisit par la photographie ces tiroirs où s’alignent depuis des décennies les épreuves de couleurs et de textures du caoutchouc ainsi que du silicone, archives matérielles qui révèlent la persistance du temps et la constance de la matière. Elle extrait ensuite ces nuanciers de leur organisation utilitaire, les dispose à plat, les réorganise selon une logique arithmétique qui laisse surgir le hasard. L’ordonnancement initial se défait pour faire apparaitre ce que la matière retient de ses propres durées.
Mya Finbow (extrait)
Rustiner. Ce geste, chez Rustin, excède sa fonction technique pour se transformer en figure, en métaphore, en fragment narratif. Il devient un langage à part entière, un signe de présence et de soin, capable de raconter une histoire sans recourir aux mots. À l’instar du kintsugi japonais, qui souligne la fracture au lieu de la dissimuler, la réparation devient mode d’apparition. Dans un monde gouverné par le rythme du capitalisme, la valeur d’un objet se mesure à sa nouveauté et à sa capacité à être consommé puis jeté ; rustiner devient alors un acte de résistance. La rustine n’est plus seulement une réparation, elle se fait geste écologique, geste éthique. Elle refuse la logique de l’obsolescence programmée, elle interrompt la course à l’instantanéité et au remplacement.
Le travail de Perrine Lacroix s’inscrit dans une attention à ce qui, au cœur du réel, échappe au regard. Dans l’espace clos du laboratoire, elle saisit par la photographie ces tiroirs où s’alignent depuis des décennies les épreuves de couleurs et de textures du caoutchouc ainsi que du silicone, archives matérielles qui révèlent la persistance du temps et la constance de la matière. Elle extrait ensuite ces nuanciers de leur organisation utilitaire, les dispose à plat, les réorganise selon une logique arithmétique qui laisse surgir le hasard. L’ordonnancement initial se défait pour faire apparaitre ce que la matière retient de ses propres durées.
Mya Finbow (extrait)